Cette œuvre d’Otto Werner, unique vestige sculptural en pierre issu du Bauhaus, porte un titre évocateur : Construction Sculpture. Par son assemblage de volumes cubiques entrelacés, elle incarne l’idéal architectural prôné au Bauhaus et aussi du mouvement, présentant une géométrie pure, presque industrielle. Pourtant, sous cette rugosité apparente, se devine une silhouette humaine, comme si la machine et l’organique ne faisaient qu’un.
Une résonance frappante avec l’univers de Nihei : la forme évoque étrangement le logo de Toha Heavy Industries (Blame!), où la sphère et les blocs anguleux composent une clé, symbole à la fois d’accès et de pouvoir. Chez Werner comme chez Nihei, l’abstraction cache une fonction, et la froideur des lignes dissimule une présence presque vivante.
Sous la direction d’Oskar Schlemmer (à partir de 1922), puis de Joost Schmidt (dès 1925), les ateliers de sculpture sur bois et pierre délaissent progressivement leur vocation architecturale initiale, faute de commandes, car ces ateliers ne prenaient pas à cause du manque de synergies exploitables pour les alimenter en travail. Les créations se firent plus libres : superpositions d’éléments géométriques et figuratifs, explorations de l’espace, jeux entre volume et vide.
L’objectif ? Accompagner le travail d’enseignement de Paul Klee et de Wassily Kandinsky pour « Stimuler l’imagination spatiale, affiner la perception sensorielle, et concrétiser les idées en trois dimensions ». Les applications pratiques, scénographies, maquettes, architectures éphémères… révèlent une approche hybride, entre art pur et design fonctionnel.
Écho avec Blame! : Les mannequins et tracés de l’atelier, avec leurs membres articulés et leurs structures modulaires, préfigurent les Contre-Mesures Exterminatrices, ces entités mi-machines, mi-organiques, dont les corps segmentés semblent sortis d’un croquis du Bauhaus, avec une même obsession : dépasser la frontière entre l’humain et la construction.
Source principale de cette comparaison : Livre du Bauhaus de Taschen


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