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LA FIN DU BAUHAUS PAR UN GOUVERNEMENT TOTALITAIRE

 

Le IIIème Reich du Bauhaus et de Blame Noise

L’affiche montrant le pouvoir Nazi mettant fin à l’école du Bauhaus et en comparaison le gouvernement totalitaire de Noise au symbole III qui est étonnamment proche du sens IIIème Reich, qui mettra en œuvre la Contre-Mesure et fera éradiquer tout ceux qui ne font pas parti de la Netsphere ou assez purs pour encore en être (c’est-à-dire non infecté par la contamination propagée par les Siliciés ou rejeté par le pouvoir comme Musubi).


La chute du Bauhaus et de la Netsphere : deux utopies écrasées par l’idéologie

Dès sa fondation en 1919, le Bauhaus fut une cible. La droite conservatrice y voyait un foyer de subversion, un repère de « bolcheviks culturels » corrompant la jeunesse allemande. Les nazis, une fois au pouvoir, en firent un symbole de l’« art dégénéré », un produit de l’« art juif » et du « marxisme culturel ». Pourtant, l’école n’était pas monolithique et se voulait apolitique, en dehors de la parenthèse de la direction de Hannes Meyer (1928–1930), où elle vira résolument à gauche, embrassant un socialisme militant qui offrait à ses détracteurs de réellement l’accuser d’être un « repaire de communistes ». Ironie de l’histoire, certains mouvements d’extrême gauche, hier comme aujourd’hui, lui reprochent au contraire son élitisme bourgeois ou ses liens avec l’industrie capitaliste. Le Bauhaus, trop révolutionnaire pour les conservateurs, trop modéré pour les radicaux, fut finalement condamné par tous les bords, une malédiction qui rappelle étrangement le sort de la Netsphere dans Blame!, où chaque faction politique (Siliciés, Contre-Mesures, Gouvernement Central) finit par se retourner contre les autres, jusqu’à l’autodestruction.


1933 : la fermeture forcée et l’exil

Dès 1930, le climat politique se durcit. Les nazis, en pleine ascension, diabolisent le modernisme au profit d’un historicisme kitsch (néoclassique, médiéval), censé incarner la « pureté » de la race aryenne. En Septembre 1932 l’école de Dessau est fermée, en Octobre, sous la pression du régime, Mies van der Rohe, dernier directeur, tente une ultime relocalisation à Berlin, mais l’école n’a pas l’autorisation de rouvrir et est définitivement dissoute en 1933. Les artistes sont catalogués comme Oskar Schlemmer, classé parmi les « artistes dégénérés », voit sa carrière brisée et meurt dans l’oubli en 1943. D’autres, comme Gropius, Breuer ou Albers, fuient aux États-Unis, où ils diffuseront tant bien que mal l’héritage du Bauhaus dans les universités et les agences d’architecture, ce qui amènera au Brutalisme par exemple. Hannes Meyer, communiste, s’exile au Mexique, tandis que Mies van der Rohe, après une tentative de collaboration avec le régime, finit par quitter l’Allemagne pour Chicago, où il deviendra une figure majeure de l’architecture moderne.

Pendant ce temps, les locaux du Bauhaus à Dessau sont réquisitionnés par l’industrie de guerre : l’entreprise Junkers, spécialisée dans l’aéronautique, y installe ses bureaux en 1939. Le bâtiment, conçu pour libérer l’esprit, devient un outil de la machine de guerre nazie, une ironie tragique, comme si la Mégastructure de Blame!, née pour abriter l’humanité, finissait par l’anéantir.


Parallèles avec Blame! : l’eugénisme et la pureté génétique

Le régime nazi ne se contentait pas de persécuter les artistes. Il classait les êtres humains en catégories : Juifs, opposants politiques, handicapés, Roms, Noirs, … tous destinés à l’exclusion, à la stérilisation forcée, ou à l’euthanasie. Une logique qui trouve un écho glaçant dans la ville de Blame! et de Noise :

  • Les gènes d’accès réseau sont comme le « sang aryen », ils définissent qui a le droit d’exister dans la société. Ceux qui en sont dépourvus sont relégués dans les bas-fonds, comme les « soushommes » du IIIe Reich.

  • La Contre-Mesure : cette police cybernétique, créée pour « protéger » la Netsphere des Siliciés (des post-humains transhumanistes), finit par exterminer autant les non porteurs que les porteurs de gènes d’accès « impurs », puis, dans sa folie algorithmique, la faune, la flore, et finalement l’humanité entière. Une pureté génétique poussée à l’absurde, comme l’hygiène raciale nazi.

  • Les symboles du pouvoir : le « III » du Gouvernement Central de la Mégastructure rappelle le III du « IIIe Reich », tandis que la Contre-Mesure arbore avec un fort affichage sur leur tête leur symbole de court circuit mortel, comme pouvait le faire la Gestapo qui ferma le Bauhaus avec leur symbole de mort sur leurs casquettes, des marques de contrôle et des codes visuels pour une société hiérarchisée.

Dans Noise (préquelle de Blame!), la ségrégation est déjà à l’œuvre, la ville est divisée entre élites connectées (vivant dans les niveaux supérieurs de la Netsphere) et parias exclus (entassés dans les quartiers pauvres). Quand le Gouvernement Central donne les pleins pouvoirs à la Contre-Mesure, celle-ci élimine méthodiquement les « indésirables », avant que les Siliciés — eux-mêmes victimes de cette purge — ne contaminent les gènes des élites, déclenchant une réaction en chaîne génocidaire. Comme sous le nazisme, la quête de pureté se retourne contre ses propres artisans.


Épilogue : la machine broie ses créateurs

Le Bauhaus et la Mégastructure partagent un destin tragique : ce qui était conçu pour libérer finit par enfermer. Le premier, né pour démocratiser la beauté efficace, est écrasé par une idéologie qui ne tolère que l’art au service du pouvoir. La seconde, imaginée comme une arcologie parfaite, devient le théâtre d’une purge génétique où la technologie dévore ses créateurs.

Dans les deux cas, l’utopie se mue en dystopie quand l’humain cesse d’être la mesure. Les nazis, comme les contre-mesures, croyaient construire un monde pur. Ils n’ont laissé que ruines, et des questions qui résonnent encore : qui décide des normes ? Qui a le droit d’exister ? Le Bauhaus et Blame! nous rappellent que toute architecture, eut-elle la plus rationnelle, porte en elle le risque de devenir une prison. La seule différence ? L’une a été détruite par les hommes, l’autre les a détruits, elle.



Source principale de cette comparaison : Livre du Bauhaus de Taschen

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