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LES AFFICHES DU BAUHAUS À L’ŒIL QUI VOUS VOIT

En 1923, le Bauhaus choisissait l’œil comme motif central pour ses affiches d’exposition. Plus qu’un simple organe sensoriel, ce symbole incarnait l’ouverture d’esprit, l’invitation à voir autrement, une métaphore parfaite pour un mouvement qui révolutionnait les arts, le design et l’architecture. L’œil, ici, était une invitation à s'immerger dans la diversité artistique du Bauhaus avec un œil nouveau. Il résumait l’ambition du Bauhaus : éveiller les consciences, briser les conventions, et révéler l’invisible dans le visible.

 

L'oeil du Bauhaus / L'oeil des siliciés
L'oeil du Bauhaus / L'oeil des siliciés

Chez Tsutomu Nihei, dans Blame!, l’œil réapparaît mais détourné, chargé d’une ambiguïté troublante. Associé à l’épisode de la nurserie des Siliciés ou au pentacle vers la fin de Blame, l’oeil surplombe un triangle, une pyramide (ou un couloir en perspective, selon les interprétations), transformant le symbole de la curiosité en celui d’un pouvoir observateur, voire divin. Deux lectures s’affrontent :

  • Une symbolique ésotérique : la pyramide évoquerait une hiérarchie secrète, une connaissance réservée, presque mystique, ce qui irait bien avec le fait que les Siliciés fonctionnent comme un culte de transcendance post humaine autrefois secret.

L'étrange symbole du Bauhaus de 1919

On peut observer que la pyramide du logo Silicié dans Blame a une certaine correspondance avec le premier logo du Bauhaus en 1919, qui était encore empreint des premières idées du début de la première période du Bauhaus et porte plusieurs notions ésotériques, proto-fascistes, mazdazniens des idées de l’époque en vogue en Allemagne, la Villa Sommerfeld porte également des triangles sur sa porte (voir chapitre sur l’architecture). Cela aurait aussi pu alimenter Tsutomu Nihei, et faire que les Siliciés soient une métaphore du culte Mazdaznien.

  • Une allégorie de ceux qui vivent sous la surveillance : l’œil deviendrait alors la métaphore de l’outil d’un système contrôlant chaque mouvement, chaque pensée, soit l’emblème de ceux qui vivent en dystopie. La ville de Blame baigne dans un système de surveillance omniprésent, comme cela est évoqué dans l’Artbook à propos des LOG, ainsi cet œil peut aussi prendre une autre connotation avec la référence à Big Brother du roman 1984.

Oeil du Bauhaus, oeil des siliciés

Vers la fin de Blame on peut apercevoir quand Sanhakan vient sauver Shibo, un pentacle des Siliciés, celui-ci se compose non d’une étoile satanique mais hébraïque, qui à la particularité d’être l’assemblage de deux triangles ou encore deux pyramides, dans laquelle se trouve un œil, ce qui rejoint les symboles de l’affiche du Bauhaus et de l’illustration de Johannes Itten qui comporte également des symboles ésotériques comme le pentacle. Du coup, est-ce que Blame est la métaphore de cette nouvelle école d’art et ses Siliciés sont la frange sectaire du Mazdaznan qui essaye de la transformer, alors que son fondateur cherche à être apolitique et ouvert ?




Source principale de cette comparaison : Livre du Bauhaus de Taschen

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