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LES UNIVERS DE NIHEI SONT-ILS INTERCONNECTES ?


Nombreux en analysant les mangas SF, se demandent si les univers SF de Tsutomu Nihei sont interconnectés car il y’a des points semblables qui pourraient faire qu’ils coexistent dans des trames temporelles différentes, voire dimensionnelles étant donné que dans Blame on trouve un arc d’exploration de dimension parallèle quand Killee et Shibo se trouvent expulsés de la Toa Heavy Industries par Mensaab. Le fait a aussi été avancé que les personnages de Nihei se ressemblent, mais cela est normal, les mangaka aimant souvent recycler leurs chara-designs.

Officiellement, Tsutomu Nihei entretient le flou en interview à ce sujet (voir pdf LOG 7 ou lien) : « Moi-même quand je lis les œuvres et que j’y trouve des ressemblances, des références, j’ai envie de demander à l’auteur si ça fait partie d’un ensemble, s’il y a une explication. Mais je sens que s’il répond je vais être déçu. Alors en ce qui me concerne, je préfère ne pas répondre et laisser mes lecteurs se faire leur idée. Je compte encore faire quelques séries, et ce n’est qu’après que j’expliquerai. » De même en interview (lien), Nihei rapporte aussi que c’est parce qu’il cherche à faire se questionner le lecteur de manière plus large : « J’ai dessiné ces deux ouvrages en pensant qu’une telle interprétation pourrait aussi être plausible, mais ici je n’ai pas envie de confirmer une hypothèse et je laisse au lecteur le soin de l’interpréter librement. »

Cependant dans une interview au journal Libération (lien), il a semblé faire un début de réponse : « Oui, je veux m’essayer à plein d’autres genres, mais ils auront toujours à voir avec Toa Industries et cet univers. Ça fait partie de mon identité. » Mais cette phrase ne peut être interprétée que de deux manières, soit l’ensemble de ses mangas entrent dans un univers artistique comme penche cette phrase en parlant de son identité, soit cela peut être interprété comme une histoire globale.

Ce point artistique est intéressant à retenir car dans un podcast, l’éditeur français de Nihei, Glénat, a dit ceci concernant l’interconnectivité de ses univers qui va dans le même sens :

« Toutes ses œuvres sont liées entre elles, bien évidemment vous pouvez lire toutes ses œuvres indépendamment, Blame, Biomega, Knight of Sidonia, Blame, Noise, Noise avant Blame, mais en fait il y’a une sorte d’intertextualité entre chacune de ses œuvres. Et ce qui est très étrange en fait… on disait tout à l’heure dans Blame, c’est qu’on ne sait pas où ça se déroule, on ne sait pas si c’est dans le futur, peut être ici peut être ailleurs, etc

Mais on sent qu’il y’a un univers qui se déploie et pourtant que ce soit l’univers de Blame, l’univers de Knight of Sidonia, l’univers d’Aposimz,… on voit très souvent des éléments et en fait on profite à la lecture des différentes œuvres de Tsutomu Nihei du développement de l’univers qu’il construit, ce qu’il faut bien savoir c’est que quand Nihei était venu justement à Angoulême, c’est ce qui l’intéressait en tant qu’auteur, c’était bien évidemment d’être reconnu, mais pas simplement comme mangaka mais aussi comme créateur d’univers.

Et lorsqu’on lit justement les différentes œuvres, lorsqu’on lit Toa Heavy Industries on se dit : « tient c’est marrant je l’ai déjà lu… mais dans quoi est-ce que je l’ai déjà lu ? Et on s’aperçoit que « ah oui ça apparaissait une fois dans Blame », qu’on n’avait pas fait attention », puis que ça devient une sorte de fil rouge d’histoire en histoire, on comprend que l’auteur participe à la création réellement d’un univers. Et qu’il explore simplement différentes thématiques avec différents personnages tout au long de son ouvrage.

Et en ça, c’est véritablement intéressant, parce que comme il a véritablement une patte graphique qui lui est personnelle et relativement peu de textes, beaucoup de monstres… on a souvent fait le reproche à certains mangas que c’est toujours pareil, etc

Bon bah si vous tombez sur du Nihei vous êtes sûr de ne pas vous tromper, vous êtes sûr de le reconnaître sans aucun problème. »

> Podcast par Benoit Huot, responsable éditorial chez Glénat : https://shows.acast.com/664cba9f2830620012e66c5f/665c8c9717916d0011d2e607?seek=1982


Entre l’interview et les paroles de l’éditeur on peut ainsi pencher pour l’option que ce ne sont juste que des références métas liées à l’univers artistique de l’auteur et non à l’histoire de ses univers, il n’y a donc pas de liens dimensionnelles ou temporelles à rechercher, même si certaines histoires pourraient être compatibles (mais peut être que Nihei rebondira un jour pour les rendre compatibles).

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